André Trivès - Le Berger de Mostaganem

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Le Berger de Mostaganem
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Conférences données par André Trivès, auteur Le Berger de Mostaganem
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Extrait 3

Derb El Houd : la ville juive

          Au centre de Mostaganem, une cuvette humide accueillait l’Aïn Sefra avant de se jeter dans la mer : c’était le quartier juif « Derb el Houd ». Bâti aux origines de la ville, on disait dans le bas fond qu’il y avait des descendants de l’époque romaine quand Mostaganem s’appelait « Musturaga ». Il faisait bon y vivre lorsque l'oued le traversait en roucoulant paisiblement...

          ... Dans ce quartier populaire en ébullition permanente, les commerces de textile occupaient des rues entières. Leur grande renommée se transmettait de père en fils depuis des générations.

          Sous la direction du maître-tailleur, les couturières, les culottières, les brodeuses, assistées par les petites mains recrutées dès l’âge de treize ans, confectionnaient des vêtements européens en prêt à porter et des parures traditionnelles comme le « talith », châle de prière à bandes de couleur bordé de franges nommé « tsitsit ».

          Le tissage du « haïk » , un tissu drapé blanc porté par la femme berbère depuis des millénaires, avait une réputation dans toute l’Afrique du Nord.

          La tradition héritée des temps bibliques et le savoir-faire transmis dans le secret des fabriques, se perpétuaient au sein des familles. Les femmes filaient la laine, la coloraient de pigments naturels et tissaient des ouvrages destinés à la clientèle accourue d’Oran, de Tlemcen ou d'Alger. Dans les fabriques, une ambiance joyeuse donnait du cœur à l’ouvrage. Les ouvrières assises en cercle s’encourageaient à tirer l’aiguille. Leur travail aux pièces demeurait chronométré. Les chants repris en chœur répandaient l’allégresse dans la rue et déclenchaient le sourire des passants.

          La fête s’installait tous les soirs sur les places et dans les rues. Des guirlandes de drapeaux aux couleurs de la France et des lampions suspendus aux fenêtres, enjambaient toutes les rues. Jeunes et vieux dansaient, chantaient et riaient après une dure journée à la lueur des lanternes jusqu'à tard dans la nuit. Dans quelques heures, la bamboula recommencerait à nouveau comme une récompense à la sueur versée et tous trinqueraient au verre de l'amitié.

          Une ambiance de kermesse familiale s’emparait du quartier à l’occasion du Grand Pardon*.

          Toutes les mères de famille, un couffin garni de poules et de coqs, se rendaient sur les bords de l’Aïn Séfra pour rencontrer le Rabbin. Elles attendaient leur tour devant le kanoun rempli de cendres éteintes.

          L’envoyé de la synagogue demandait le nom de la personne pour qui le gallinacé allait être sacrifié. Il ôtait quelques plumes sur le devant du cou de l’animal, puis d’un coup sec, lui tranchait la gorge en marmonnant une prière. Le sang était versé sur les cendres dans le creuset et la volaille relâchée sur place. Les enfants couraient après elle dans tous les sens. La tête pantelante et sanguinolente, elle s’abattait par soubresauts pour ne plus bouger.

          L’oued rougi de sang retrouvait le clair de sa limpidité sous l’effet du filet d’eau résiduel qui se faufilait entre les pierres et s’évacuait par le tunnel jusqu’à la mer.

          Ainsi la vie allait de coup de rasoir en coup de rasoir, de prière égrenée en prière égrenée. Et chaque mère de famille en se retirant, le panier plein de volailles mortes, formait des vœux de Yom Kippour pour tous, connus ou inconnus.


*Le Grand Pardon : ou Youm Kippour, est un jour de jeûne et de prières pour célébrer l'expiation, le pardon et la réconciliation dans la religion juive.


Le Berger de Mostaganem - roman historique



  

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André Trivès, auteur

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  André Trivès

Auteur

Sortie mai 2012 - Disponible Fnac - amazon - Les Presses du midi

Le Berger de Mostaganem

Roman Historique

Roman Historique : " Le Berger de Mostaganem" d'AndréTrivès